jeudi 24 novembre 2011

Quand l’art n’est que spéculation - Une base de données hors du commun


Pendant des siècles et jusqu’à très récemment, le domaine du marché de l’art et des antiquités était réservé aux seuls professionnels et collectionneurs avisés. Sous le prétexte que l’information et la connaissance sont le pouvoir, cette petite confrérie internationale détenait le pouvoir de l’acquisition et de la vente des oeuvres d’art. Grâce à un individu hors du commun et à la technologie, ce domaine est en pleine révolution.

Sans être un collectionneur avisé, ni un connaisseur érudit, je m’intéresse au domaine des arts et plus particulièrement à la peinture depuis de nombreuses années. Que ce soit au Québec ou en voyage à travers le monde, je consacre toujours beaucoup de temps à visiter des musées ou des galeries et, lorsque possible, des salles de vente. Si les musées me permettent de mieux comprendre l’évolution des styles à travers les siècles, les galeries me renseignent sur les créateurs actuels et sur les tendances, tandis que les salles d’encan me permettent des rencontres avec d’autres amateurs et ainsi d’obtenir un aperçu du marché. Par ailleurs, j’ai toujours été fasciné et impressionné par le marché de l’art, car ce domaine m’est toujours apparu réservé à une élite de professionnels et de riches collectionneurs détenant un savoir peu ou pas disponible à tous.

Le marché de l'art paraît si déroutant pour les non-initiés qu’il semble réservé aux spécialistes et professionnels du domaine. Aux yeux des non-initiés, le marché de l'art est un monde fascinant, mais aussi inquiétant à bien des égards. Plusieurs rêvent de s'y aventurer, mais peu sont ceux qui le font pour des raisons qui sont aussi bien liées au manque de connaissances et d'argent qu'à la crainte d’investir dans l'inconnu. Il est difficile d’imaginer à quel point le marché de l'art peut être irrationnel et soumis à des comportements humains qui dépassent souvent l'entendement. Il est vrai qu'il s'agit d'un monde à part avec ses connaisseurs, ses spécialistes, « sa chapelle », ses légendes, ses coutumes et ses règles. Un monde pouvant créer la richesse des uns ou la ruine des autres. Un monde aussi risqué et fascinant que la bourse des valeurs mobilières.

Le marché de l’art existe depuis longtemps. Durant les périodes du Mésolithique et du Néolithique, l’art n’était que sacré. C’est au cours du premier millénaire avant J.-C qu'il a connu un développement important avec l'exportation à travers le bassin méditerranéen de statues et de poteries peintes. À Rome, les marchands d'art ont été très actifs de même que les imitateurs, les escrocs et les spéculateurs. Il faut noter que les premières ventes aux enchères connues y ont été organisées il y a 2000 ans.

Avec la chute de l’Empire, l’art perd de son importance. Ce n'est qu'à partir du XIVe siècle qu'un mouvement significatif apparaît en Italie et en France et que l'œuvre d'art, hors du contexte religieux, commence à devenir un objet de collection. Vers 1400, les familles royales et les grands seigneurs favorisent le commerce des objets d'art, des tableaux, des sculptures et des tapisseries. À partir du milieu du XVe siècle, une demande se manifeste pour les œuvres de peintres flamands lesquels avaient jusque-là surtout travaillé sur commande. On commence alors à vendre des peintures dans des foires à Anvers, en Hollande et aussi en Italie. Des négociants en œuvres d'art apparaissent à travers l'Europe. Les ventes aux enchères refont surface au XVIe siècle, des tableaux se vendent en France avec des certificats d'authenticité tandis que le marché est sujet à de brusques variations de prix. Durant la première moitié du XVIe siècle, les ventes d'objets d'art et de tableaux se sont généralisées sous l'impulsion des collectionneurs qui sont devenus de plus en plus nombreux. Au milieu du XVIIIe siècle, de grosses maisons de ventes aux enchères sont créées (Sotheby's 1744 et Christie's 1766 à Londres, la Chambre des commissaires-priseurs de Paris en 1801) organisant des ventes avec des catalogues documentés. Dès la fin du XVIIIe siècle, de nombreux musées sont créés en Europe servant à mettre l'art à la portée de tous. À partir de 1880, un nouveau style de marchands d’art apparaît grâce à une forte demande en provenance des États-Unis. Dès la fin du XIXe siècle, c'est un véritable marché à l’échelle mondiale qui commence à s'implanter. Les structures de l'actuel marché de l'art ont été ainsi mises en place dès le premier tiers du XXe siècle, avec le développement accéléré des transactions concernant l'art moderne et contemporain qui ont pris plus d'importance après la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, les acteurs du marché de l'art sont très variés : les artistes, les commissaires-priseurs, les galeries, les antiquaires, les critiques, les musées, les mécènes, les fondations, les hedge funds et les banques privées.
Une méga-base de données
Jusqu’à récemment, peu de personnes pouvaient se vanter de posséder la connaissance parfaite du marché de l’art, particulièrement au plan international. Les experts s’approvisionnaient principalement auprès des grandes maisons de vente pour obtenir les résultats des ventes les plus récentes. Thierry Ehrmann, un homme à la fois artiste contemporain portant un message et homme d’affaires avisé, mais aussi contesté, a entrepris de changer les choses à l’aide de la technologie la plus récente. Il est le fondateur et président du Groupe Serveur depuis les années 1980, groupe qui se spécialise dans la gestion de banques de données juridiques, judiciaires et scientifiques, et président fondateur de Artprice.com dans les années 1990, première banque de données artistiques au monde. Il est aussi artiste plasticien et créateur de la Demeure du Chaos à Saint-Romain-au-Mont-d'Or dans le Rhône en France, un domaine bourgeois du XVIIe siècle transformé par ses soins en une œuvre d'art controversée dont le motif est inspiré des attentats du 11 septembre 2001 et qui lui sert de siège social.

La création de Artprice est en soit une démarche titanesque au plan du travail de compilation accompli, du capital de risque investi, du temps nécessaire à assembler l’information, mais aussi et surtout une démarche incroyablement planifiée et systématique digne des meilleures théories de Machiavel que seul un homme comme Thierry Ehrmann dont la devise semble être ordo ab chao (du chaos naît l'ordre) pouvait mener à terme.

Le travail de confection des bases de données a débuté dans les années 1970 par l’achat de sociétés comme le Guide Enrique Mayer (1962/1987), le Dictionnaire des ventes d'art 1700-1900 du Docteur H. Mireur, le leader américain Sound View Press avec près de 50 bases de données sur les USA (1991), les Éditions Franck Van Wilder (1970) la Société Suisse Xylogic (spécialiste mondial des indices du marché de l'Art) (1985), la banque de données Bayer sur le marché de l'art anglo-saxon de 1700 à 1913, les Monogrammes et Signatures de Caplan (USA), ouvrage de référence mondial (1976), L'Argus du Livre de Collection et des manuscrits (France), l'ouvrage de référence mondiale (1982) et plusieurs autres. Il a ainsi réussi à constituer la plus grande collection de manuscrits et catalogues anciens annotés au monde qui a servi à créer la plus grande banque de données d'informations sur le marché de l’art qui permet de tracer les œuvres d'art au fil des siècles avec 108 millions d'images ou gravures d'œuvres d'Art de 1700 à nos jours commentées par des historiens d'art. De plus, ces bases de données sont constamment mises à jour par les données en provenance de près de 4500 Maisons de vente.

L’accumulation de données brutes n’était cependant suffisante pour tracer avec certitude les tendances du marché, car pour normaliser le marché de l'art, il a fallu passer par l'inventaire absolu des œuvres d'art et la biographie de centaines de milliers d'artistes du IV siècle av. J.-C. à nos jours, avec parfois des centaines d'homonymes auxquels il faut attribuer à chacun ses bonnes œuvres. L’ensemble de ces données (plus de 700 téraoctets) sont traitées à l’aide d’algorithmes et indices du marché développés depuis 1985 et emmagasinés dans des salles informatiques propriétés de Artprice avec près de 900 serveurs et opérant sur leurs propres fibres optiques.

Aujourd’hui, plus de 80 % des Maisons de Vente dans le monde font leurs catalogues à partir des données de Artprice, en temps réel ils ont la biographie de l'artiste, la traçabilité de l'œuvre et les cotes et indices de l'artiste pour estimer la mise à prix. Thierry Ehrmann affirme que Artprice a actuellement comme client 100 % des acteurs qui comptent dans le marché de l'art, les grands marchands, les grands collectionneurs, l'intégralité des Maisons de vente et les experts, le noyau dur, celui qui fait et défait les prix qu'on nomme les market-makers, soit 1 300 000 abonnés. Le fichier client compte plus de 18 milliards de logs, ce qui permet de savoir exactement ce que recherche ou possède les clients. Voilà l’information clé que recherchent les maisons de vente à travers le monde puisque l’effort de marketing qu’ils doivent faire pour rejoindre les vendeurs et les acheteurs représente de 70% à 80% de leur budget.

Enchères en ligne
À la suite d’un long débat judiciaire, Artprice sera en mesure d’offrir sous peu un service de mise en vente d’oeuvre d’art en ligne. Pour une enchère moyenne de 12 000 euros le vendeur, à travers une série de procédures, validera le meilleur acheteur de l'enchère, l'acheteur devra consigner physiquement par tout moyen de paiement à sa convenance la somme sur un compte de banque en fidéicommis, avec un identifiant et compte unique. 
Puis, après toute une série de procédures extrêmement codifiées, l'acheteur validera définitivement la vente et donnera mainlevée pour que le vendeur puisse percevoir le produit de son enchère et qu'Artprice, de son côté, perçoive sa commission entre 4,5 % et 9 %, selon les produits et services proposés pour cette enchère, chacun des 1,3 millions de membres étant qualifié par un indice de confiance.

En résumé
Tous les paramètres du marché ayant été correctement identifiés et enregistrés dans cette méga-base de données, la société Artprice.com a ainsi créé grâce à ses efforts techniques, financiers et stratégiques un quasi-monopole et s’est positionnée, comme l’affirme son président, comme n’ayant aucun concurrent réel étant les seuls à gérer plus d'un million de biographies avec aussi des artistes qui ne sont pas encore cotés et 108 millions d'images ou gravures d'œuvres d'art. Même la personne qui n'a pas d'atomes crochus avec Artprice est obligée de passer par eux pour un artiste qui n'est pas encore très connu, voire totalement inconnu. Il en est de même pour une œuvre rare à authentifier. L’approche de Artprice et de son fondateur, Thierry Ehrmann, est essentiellement basée sur une analyse rationnelle, historique et économique du marché. La question reste cependant entière, est-ce réellement la seule motivation des acheteurs et collectionneurs? Qu’en est-il de l’émotion, l’attachement au patrimoine, le simple plaisir des yeux et les modes, tous des sentiments propres à l’humain qui sont également des variables importantes du marché pouvant influer les ventes et les prix et non compilables dans une base de données analytique? Bien ou mal? Seul l’avenir pourra le confirmer.
Pensons à tous les domaines où l’information et la connaissance sont à la base de l’expertise et où un tel effort de réflexion et d’assemblage pourrait bouleverser complètement les pratiques et les règles du jeu et devenir des opportunités d’affaires.
Sources :  Artprice.com

Le bulletin de liaison MonRéseau de novembre/décembre 2011 est maintenant disponible

Le bulletin de liaison MonRéseau de septembre / octobre 2011 est maintenant disponible sur www.yvesbertrand.ca.

mardi 18 octobre 2011

Pétition - pour une économie coopérative

Comme vous le savez, MonRéseau est un lieu d'échange au bénéfice de personnes exerçant leur activité artistique, de loisirs, professionnelle ou d’entreprise dans divers milieux et désirant partager connaissances, informations, projets, réalisations, occasions de réseautage et qui ont à coeur de changer les choses. Dans ce cadre, je vous propose de supporter la proposition d'un fidèle lecteur Monréseau, monsieur Claude Gaudet, qui a pris l'initiative suivante :

Le mouvement Occupy Wall Street prend de l'ampleur partout dans le monde depuis un mois. Les gens en ont assez des banques et autres institutions financières qui demandent l'aide des gouvernements pour leur éviter la faillite (consultez l'article de François Desjardins du Devoir : Crise financière au Canada - Le secret entoure l'aide accordée aux banques ). Nous payons pour sauver les institutions financières par nos taxes, mais les hauts dirigeants n'ont de cesse d'engranger les bonus à millions, tandis que 99% des humains sur terre n'ont pas de quoi se réjouir de leur sort économique. Or, les gouvernements se sont tous endettés à leur tour. Aujourd'hui, ils se prêtent entre eux de l'argent qu'ils n'ont pas. On ne peut pas payer des dettes avec des emprunts sans que l'élastique casse un de ces jours.  Avec le monde dans les rues, il suggère que le temps est venu pour un changement.
Claude a démarré une pétition intitulée Retrofit the financial institutions into Cooperatives. En effet, si les institutions financières étaient obligées par une loi de se transformer en Coopératives, alors le monde en profiterait de façon plus équitable. On vit cela tous les jours au Québec avec Desjardins et ça marche très bien. Le gouvernement n'a pas été obligé de prêter de l'argent à Desjardins, contrairement aux banques qui sont venues quémander et qui ont obtenu ce qu'elles voulaient plus rapidement que tout autre groupe au pays, en 2008. Dans une coopérative, il n'y a pas d'actionnaire majoritaire pour dicter sa loi; un homme, un vote. 

Si l'idée vous plaît,  vous pouvez l'appuyer en signant la pétition directement sur le site http://wh.gov/27a

Les pétitions qui recueillent 25 000 signatures et plus (nous avons jusqu'au 13 novembre 2011 pour atteindre cet objectif) sont prises en considération par la Maison Blanche. Il s'agit d'un mécanisme de démocratie directe, basé sur le premier amendement de la Constitution américaine. Merci à l'avance si vous décidez de supporter cette initiative pour changer les choses.

vendredi 30 septembre 2011

Pierre Dansereau décède à l'âge de 100ans

À l'occasion de son décès à l'âge vénérable de 100 ans (moins une semaine), voici un rappel de son héritage intellectuel déjà publié sur MonRéseau en septembre 2009. Dans le film «Quelques raisons d'espérer» produit par l'Office national du film du Canada en 2001 et toujours d'actualité, Pierre Dansereau, humaniste et écologiste reconnu mondialement, partage avec d'autres sommités mondiales sa conviction : «menacé par l'homme, l'environnement sera sauvé par l'homme». Tout comme d'autres grands scientifiques et humanistes, je pense à Téodore Monod (décédé à 98 ans en 2000), Pierre Dansereau laisse une trace indélébile pour la compréhension du rôle de l'homme dans son environnement et dans l'univers.

mardi 13 septembre 2011

Informatisation en santé - Avez-vous pensé au client?

Il est généralement reconnu que l'établissement d'une relation continue avec un médecin de famille joue un rôle important dans le maintien de la santé et l'accès approprié aux services de santé.

Je suis un chanceux, car j’ai le privilège d’avoir accès à un médecin de famille dans le cadre d’une clinique réseau (l’équivalent d’un groupe de médecine familiale) à Montréal. Selon Statistique Canada, le quart des Québécois âgés de 12 ans et plus n'ont pas accès à un médecin de famille bien que le Québec soit au troisième rang au chapitre du nombre d'omnipraticiens par 100 000 habitants. Au total, près de deux millions de citoyens n’ont pas de médecin de famille.

Comme je voyage beaucoup et que je suis régulièrement à l’extérieur de Montréal et même du pays, j’ai pris l’habitude de planifier une visite annuelle chez mon médecin de famille, visite précédée des tests sanguins requis qui sont automatiquement acheminés à mon médecin quelques jours avant le rendez-vous planifié. La première année tout se déroule très bien. Lors de ma visite annuelle, le médecin me remet la réquisition de tests de laboratoire pour le mois de mai suivant et je prends rendez-vous pour le mois de mai de l’année suivante en sortant de son bureau. Difficile d’être mieux organisé! Une semaine avant la date du rendez-vous, je me présente au centre de prélèvement et les résultats sont acheminés à mon médecin.

Dès la deuxième année, je constate lors de ma visite chez le médecin que mon dossier est informatisé, que le médecin rédige ses notes sur son bloc-note électronique et me remet immédiatement la réquisition de laboratoire ainsi que le renouvellement de ma prescription de Simvastatin après les avoirs imprimés devant moi tout en complétant son examen. Nous convenons également que je dois lui apporter les résultats d’un examen radiologique que j’ai en dossier à la maison ainsi que mon carnet de vaccination afin de faire une révision générale puisque je voyage régulièrement à l’extérieur du pays. Je lui offre de lui faire parvenir ces documents en version électronique par courriel, mais il semble que ce ne soit pas possible pour des raisons d’organisation bureaucratique. À nouveau, je prends un rendez-vous pour l’année suivante en sortant et je l’inscris à mon agenda électronique. Tout va bien!

Étant à Montréal à la période des fêtes 2010, je tente de rejoindre son bureau pour décaler le rendez-vous du mois de juin. J’apprends qu’elle est en congé de maternité et que tous ses rendez-vous ont été annulés. Surprise!

Étant donné que j’ai un dossier à cette clinique, la seule option qui m’est offerte est de me présenter sans rendez-vous et rencontrer le médecin de garde au moment où je le jugerai opportun.

Comme les années antérieures, je me présente au centre de prélèvement, ayant en mains la réquisition émise l’année précédente, sachant que les résultats seront acheminés à la clinique.

La procédure que l’on me propose par téléphone est de me rendre sur place à compter de 8h15 et de faire la file jusqu’au moment de l’ouverture de la clinique à 8h45. Je me présente donc à 8h et, surprise! Il y a déjà une longue file sur le trottoir face à la clinique...
Comme mentionné plus tôt, les portes sont ouvertes à l’heure dite et très rapidement le personnel administratif enregistre nos présences et nous demande d’attendre patiemment. Je suis le numéro 18. C’est à 11h50 (3h50 d’attente et de non-productivité, au total plus de 30 heures de perte de productivité pour les personnes dans la salle d’attente) que je vois le médecin pour une entrevue de 12 minutes. Je n’ai plus de réquisition d’examen de laboratoire pour l’an prochain et je n’ai plus de rendez-vous programmé pour 2012, car le personnel n’est pas autorisé à prendre les rendez-vous de mon médecin avant son retour de congé maternité.

Ce qui me semblait une routine établie me permettant d’agir proactivement en prévention de problèmes de santé futurs (j’ai 60 ans) avec un minimum de coûts pour le système vient de se démanteler compte tenu de l’absence d’une seule personne dans le système.

Suis-je un client pour cette clinique?

J’ignore, si pour cette clinique je suis un bénéficiaire (personne qui jouit d’un bénéfice, d’un avantage, d’un privilège), un patient (personne qui subit une opération chirurgicale, qui est l’objet d’un examen, d’un traitement) ou un usager (personne qui utilise un service, notamment un service public, un domaine public), mais je suis certain que je ne suis pas considéré comme un client (personne qui achète un service et qui se fournit régulièrement chez le même professionnel).

Si on me considérait comme un client, j’aurais été prévenu de l’absence de mon médecin, de l’annulation du rendez-vous et du nom du professionnel remplaçant ainsi que d’une offre de prise de rendez-vous.

On me dira, tu rêves en couleur. Nous sommes en pénurie de ressources humaines et financières et il est impossible d’agir ainsi. Faux!

Des pistes de solution
En premier lieu, il serait souhaitable que cette clinique comme ses employés et professionnels se dote et partage une philosophie plaçant le client au centre de ses préoccupations. C’est peut-être le cas sur papier, mais dans les faits, l’usager est tout sauf un client. Cette philosophie devrait être appuyée de mécanismes tablant sur la capacité de la grande majorité des clients de gérer les actions nécessaires à leur bien-être. Les autres devant faire l’objet de procédures particulières et non pas l’inverse.

En 2009 , le taux d’utilisation d’Internet à des fins personnelles par les Québécois de 16 ans et plus s’élève à 77,1 % (Canada 80,3 %), en hausse de 8,1 points de pourcentage par Les régions de Laval (86,8 %), de Montréal (83 %) et de l'Outaouais (79,6 %) sont celles qui affichent les plus hauts taux d'utilisation.

Je suis connecté et joignable par courrier électronique ou par Skype partout à travers le monde et en tout temps. La clinique où exerce mon médecin de famille est entièrement informatisée, donc à la fois le personnel administratif et professionnel, incluant le médecin si nécessaire, peut me joindre et échanger de l’information incluant la confirmation de la réception d’examens de laboratoire ou autres.

Je peux également m’inscrire via internet à un agenda électronique soit pour confirmer un rendez-vous ou pour me mettre en liste pour voir un médecin selon la formule désuète du «sans rendez-vous». J’éviterais ainsi les longues heures d’attente inutiles et sans doute je donnerais des outils supplémentaires aux personnes chargées de planifier les soins et services  au quotidien.

J’achète mes billets d’avion, je réserve mes sièges, je fais des changements d’itinéraire, je réserve une chambre d’hôtel, des places de concert, places de cinéma, des vacances «tout compris», je paie mes impôts, je renouvelle mes  immatriculations automobiles, etc., mais je n’ai aucun contact avec mes fournisseurs de service de santé.

Évidemment, ce n’est pas la technologie qui est en cause ici, mais bien la perception et l’approche des intervenants du système de santé par rapport au client, particulièrement lorsqu’il est question de faire de la prévention dans le but d’assurer le bien-être de la population à long terme et d’éviter les énormes coûts du curatif pour une population vieillissante, mais qui est de plus en plus exigeante. Quand il s’agit de ma santé, je suis le premier concerné , le premier préoccupé donc le premier à vouloir rendre le système le plus efficace possible. Je ne veux surtout pas entendre l’argument portant sur l’alourdissement des clientèles et autres discours semblables. Je suis un citoyen, contribuable qui assume sa partie des coûts de fonctionnement et en conséquence, les fournisseurs (Établissements publics et privés et les professionnels) se doivent de considérer qu’ils sont à mon service et que je suis le client, un client responsable de sa santé.

S.V.P., donnez-moi l’opportunité de vous aider à m’offrir des services de santé appropriés en me donnant accès à des outils simples, efficaces et déjà disponibles. Nous sommes au XXIe siècle depuis plus de 10 ans, il faudrait que les autorités médicales le réalisent.

À bon entendeur, salut!

lundi 12 septembre 2011

Le bulletin de liaison MonRéseau de septembre/octobre 2011 est maintenant disponible

Le bulletin de liaison MonRéseau de septembre / octobre 2011 est maintenant disponible sur www.yvesbertrand.ca.

mercredi 4 mai 2011

Autoédition électronique

Avez-vous déjà pensé à publier un texte, un document, un livre? Vous êtes-vous questionné sur la pertinence de le faire, comment le faire et comment rejoindre le plus grand nombre de personnes possible?
Que ce soit dans le but de partager des idées et des opinions ou encore de soumettre à des lecteurs et acheteurs potentiels un essai, un roman ou un traité scientifique, la voie de la publication électronique vous est maintenant ouverte et facilement accessible. Avant tout, publier un document, une information, un texte sur le web c'est vouloir bénéficier de la dimension interactive de ce média. Contrairement au livre papier, à la télévision ou au cinéma conventionnel, qui sont des modes de communication à sens unique où les contenus sont le monopole des professionnels, le web est une autoroute à deux voies où le lecteur peut être à la fois consommateur et producteur d'information, lecteur et auteur.

Édition  électronique
Le premier livre imprimé a cinq siècles et demi, il s’agit de la bible datant de 1454 ou 1455. Elle aurait été imprimée par Gutenberg en 180 exemplaires dans son atelier de Mayence, en Allemagne. Le livre numérique a quarante ans. Il est né avec le Projet Gutenberg, créé en juillet 1971 par Michael Hart pour distribuer gratuitement les oeuvres du domaine public par voie électronique. Il aura fallu attendre le web et le premier navigateur au début des années 1990 pour que le Projet Gutenberg trouve réellement sa vitesse de croisière. Il faudra attendre novembre 2000, pour que la British Library mette en ligne la version numérique de la Bible de Gutenberg, premier livre à n’avoir jamais été imprimé. C’était parti et nous voilà en 2011 où l’univers de la publication électronique s’ouvre à nous.
Le livre électronique ou livre numérique ou livrel sont les traductions françaises des termes anglais «electronic book», «e-book», ou «eBook». Un livre électronique est en fait un fichier électronique contenant un texte sous forme numérique.
Tandis que l'édition électronique est  une activité consistant à rassembler, organiser et diffuser sur un support numérique interactif toute forme d'information. Elle s'appuie sur le web pour sa diffusion et, parfois, sa construction même.  Elle est composée de trois grandes familles : la numérisation (Google livres), l'édition numérique qui se définit comme la mise en ligne de textes nativement numériques (Le bulletin MonRéseau) et l'édition en réseau qui est la publication des documents nativement construits au cœur du web tel que Wikipedia.

Autoédition
L’objet principal de cet article est cependant de mettre en évidence le potentiel que représente le web pour l’autoédition. Il s'agit d'une alternative à l'édition classique où des auteurs choisissent d'être leur propre éditeur.

Cela suppose de la part de ceux-ci, beaucoup d'implication dans des activités souvent inhabituelles pour eux. Outre le fait qu'ils doivent écrire leur manuscrit, ils doivent également se charger des corrections, des différentes relectures, du formatage, des formalités légales, et suivant le type de diffusion choisi, de l'impression, du stockage, de la vente et de leur promotion. Internet nous offre maintenant une manière plus simple de s'autoéditer : la possibilité de diffuser son texte en ligne. La publication électronique s’adresse à tous ceux qui veulent publier en augmentant leur audience et en diminuant leurs coûts de diffusion. Si l’auteur-éditeur le souhaite, cette solution peut lui éviter des frais importants. La promotion du livre étant, elle aussi, effectuée en ligne, l'auteur touche un plus large public sans devoir se déplacer. L'édition électronique est une forme d'édition dans laquelle le numérique joue un rôle plus ou moins important, allant de la simple mise en page d'un livre en utilisant un logiciel de PAO (Publication assistée par ordinateur, en anglais DTP pour Desktop Publishing) en vue de l'impression papier d'un livre jusqu'à la création et la diffusion en ligne d'œuvres. L'édition électronique, qui tend à se développer depuis plusieurs années, coexiste donc avec l'édition papier encore pour un certain temps puisque la croissance de la diffusion électronique s’accélère rapidement depuis l’apparition de l’iPad de Apple en 2010.

Comment faire?
Il faut d’abord trouver et choisir une plate-forme d’autopublication qui permet à qui le veut bien de mettre en ligne son œuvre sans investissement de départ et sans apprendre la PAO. Prenons l’exemple d’un site anglophone gratuit sur lequel il est possible de publier en français, Smashwords. Voici comment ça fonctionne:
Vous avez un texte que vous avez créé ou sur lequel vous possédez les droits de reproduction et que vous voulez publier.
Vous créez un compte Smashwords gratuitement.
Vous préparez un fichier au format Microsoft Word en suivant les conseils du guide disponible sur le site.
Vous transférez le fichier sur leur site et remplissez les diverses rubriques, titre, résumé, genre, etc.
Vous choisissez le prix de vente (l’option « gratuit » est disponible) et le ou les formats numériques sous lesquels vous voulez voir votre livre publié (PDF, Kindle d'Amazon, l'iPhone d'Apple / iPod touch / iPad, le Sony Reader, le reader de Barnes & Noble, etc.).
Le moteur de numérisation de Smashwords se charge de la conversion. Une fois terminé, vous vérifiez et approuvez le résultat.
En option, vous pouvez choisir de mettre en vente le titre non seulement sur le site de Smashwords, mais aussi chez d’autres revendeurs en ligne, dont Sony, Kobo, Diesel, Barnes & Noble et récemment avec le iBook store de Apple avec qui Smashwords a signé un partenariat. Vous recevez 85 pour cent du produit des ventes nettes de vos titres sur le site de Smashwords (70,5% pour les ventes par les sociétés affiliées). Le pourcentage pourrait varier en fonction du type de paiement effectué par l’acheteur (c.-à-d. Paypal, Dt ou Cr).
Et voilà. Votre e-book est disponible à la vente publique ! Vous êtes devenu un auteur du XXIe siècle, CQFD!  ❒
Références:
Le site internet de Smashword

mardi 3 mai 2011

Le bulletin de liaison MonRéseau de mai/juin 2011 est maintenant disponible

Le bulletin de liaison MonRéseau de mai / juin 2011 est maintenant disponible sur www.yvesbertrand.ca.

mardi 8 mars 2011

Le bulletin de liaison MonRéseau de mars/avril 2011

Le bulletin de liaison MonRéseau de mars/avril 2011 est maintenant disponible sur www.yvesbertrand.ca.

L'Intrapreneurship - Vieille théorie toujours d'actualité

Je faisais récemment une recherche sur les théories de gestion afin de préparer un séminaire lorsque j’ai été amené à relire un vieux livre qui traîne dans ma bibliothèque depuis longtemps sur la théorie de l’intrapreneurship.
Commençons par définir qui est l’intrapreneur, ce qu’est l’intraprise et par conséquent ce qu’est l’intrapreneurship. L’intrapreneur est un membre dynamique d’une organisation, qui ne fait pas partie de la direction et qui est susceptible de créer une intraprise. Tandis qu’officiellement l’intraprise est une entité juridiquement autonome (ce n’est pas toujours le cas), financée par une grande organisation bien établie, dont le but est de développer des moyens de production (des services) nouveaux. De nombreuses corporations américaines ont pratiqué ce modèle d’innovation tel que 3M, HP à ses débuts ou encore Intel. L’intrapreneurship pourrait donc se définir comme l’ensemble des qualités nécessaires à un salarié d’une entreprise ou d’un organisme pour identifier et mettre en oeuvre une intraprise.
J’ai trouvé le texte suivant sur WikiLiberal.org et pensé vous le communiquer. L'intrapreneur se situe à la frontière entre l'entrepreneur (le chef d'entreprise) et le cadre, le gérant. Puisque cette limite n'est pas tracée distinctement, l'intrapreneur trouve sa légitimité et la cohérence de son action à l'intérieur de ce no man's land. Dans les grandes entreprises, l'intrapreneur se trouve quelquefois à l'étroit, notamment dans les compagnies et organisations qui n'ont pas une grande culture du risque. Ce comportement de l'employé aux comportements entrepreneuriaux prend naissance dans les environnements fortement bureaucratiques, empesés par la complexification des structures et les pratiques procédurières.
L'intrapreneur est constamment à la recherche de nouvelles opportunités d'affaires, créant ou saisissant l'occasion de modifications significatives dans la stratégie de la direction de l'entreprise. L'intrapreneur peut choisir de rester discret et anonyme au sein de l'organisation avant que son projet ne se développe. Tout dépend du succès de son action et de la reconnaissance positive de sa direction. Une fois sa légitimité acquise, il peut plus facilement se confronter aux regards de ses pairs, qui sont souvent une menace à la réalisation d’un projet intrapreneurial. Au risque d'être pénalisé et sanctionné, l'intrapreneur choisit la voie de la liberté pour recueillir les fruits de ses ressources en cas de succès.
L'intrapreneur n'est pas économiquement ou juridiquement l'entrepreneur, c'est-à-dire qu'il n'est pas le créateur de l'entreprise dans lequel il travaille. Il opère dans un cadre organisationnel déjà façonné par d'autres. Mais son action peut modifier les règles internes de fonctionnement. Sa plus grande chance de succès consiste à maîtriser les procédures internes afin de mieux leur donner une inflexion ou une extension. Mais, l'intrapreneur est prudent de ne pas casser les règles en vigueur au risque de se faire renvoyer. Sa part de succès dépend également des complicités tacites ou explicites de collaborateurs à l'intérieur de l'entreprise comme à l'extérieur (clients, fournisseurs, concurrents).
Je ne sais pour vous, mais en ce qui me concerne j’ai déjà établi une liste importante de mes contacts «MonRéseau» qui répondent parfaitement à ce profil et ça me plaît bien. D’ailleur, j’ose croire qu’ils sont en train de lire ces lignes en même temps que vous. L’intrapreneurship est avant tout une attitude individuelle et peut autant s’appliquer dans le milieu de la petite ou moyenne entreprise que dans les services publics.
Voici quelques trucs tiré d’un blogue de la compagnie HP pour faciliter le démarrage et le succès d’une intraprise dans votre compagnie ou votre organisme:
  • Mettez l'accent sur la résolution d’un problème, plutôt que sur la vente d'une solution. L’intrapreneur doit être un observateur avisé de son milieu et être constamment à l’affût des opportunités dans son organisation.
  • Sachez convaincre mais avant tout, montez un projet solide. La plupart des intrapreneurs sont de bons communicateurs mais il doivent avant tout s’assurer de la rentabilité de leur action. 
  • Le projet doit faire appel aux valeurs de l’entreprise. L’intrapreneur doit bien identifier la culture de l’entreprise et tabler sur les compétences de base de l’organisation pour définir son projet.
  • Ne vous attardez pas trop à obtenir l'appui de la haute direction, mais n'oubliez pas que les entreprises ont tendance à répondre énergiquement aux signaux du chef de la direction et des autres dirigeants.  
  • Dans la mesure du possible utilisez les processus existants. Ceci vous permettra d’accéder plus facilement aux ressources de l’organisation ou de l’entreprise sans qu’il y est d’investissements supplémentaires importants.   
  • Assurez-vous que vous êtes financés. Les amateurs laissent souvent les détails financiers à plus tard, parfois trop tard. 
  • Créez une coalition, faites en sorte que les parties prenantes externes au projet s’engagent. Les intrapreneurs qui ont du succès le répètent constamment, l’engagement des parties externes au projet est essentielle à la réussite.
  • Lorsque vous passerez de l’idée à l’action, vous êtes beaucoup plus susceptibles d'attirer l'attention des gens et d’établir des partenariats avec des tiers tels que les universités pouvant fournir des pistes utiles pour l'incubation de nouvelles idées et l’identification d’initiatives.  
  • Le parcours risque d’être long et difficile. Vous serez sans doute l’objet de critiques et appelé à prendre différentes directions. Demeurez ferme et clair dans la poursuite de vos objectifs et persévérez.  
  • Partagez votre succès avec l’organisation et par la même occasion, la responsabilité des résultats, bons ou mauvais. Vous n’avez pas à porter seul le fardeau du changement organisationnel même si vous en êtes l’instigateur.
Alors si vous êtes à l’emploi d’une société ou d’un organisme et que vous avez envie de changer les choses, j’espère que j’aurai su vous convaincre de devenir intrapreneur à la lecture de cet article.
Bon succès!

lundi 7 mars 2011

J’AI CHOISI DE FAIRE QUE CE QUE J’AIME POUR LE RESTE DE MA VIE.. (Document gratuit)

Dans le cadre du développement du projet MonRéseau, je viens de publier un document électronique intitulé: «J’ai choisi de faire que ce que j’aime pour le reste de ma vie...Un petit précis de sagesse appliqué à sa vie..». C’est après avoir longuement discuté avec des amis, des collaborateurs, des clients et ma conjointe de notre style de vie, de mes objectifs personnels et professionnels et avoir fait le constat que nous vivions finalement assez différemment des autres, que j’ai pris la décision de rédiger ce document au bénéfice de ceux et celles qui prendront le temps de le lire.
En fait, loin d’être marginale, ma vie est finalement celle que j’avais rêvé et espéré faire depuis longtemps, mais sans jamais vraiment trouver le moyen d’y parvenir faute, sans doute, d’avoir su prendre les bonnes décisions au bon moment jusqu’au moment où tout changea.
Vous apprendrez, en lisant ce document, comment j’ai réussi il y a plus de 15 ans à transformer ma vie de travailleur professionnel salarié et sédentaire en celle d’un entrepreneur libre de ses actions et de ses décisions ayant réussi à placer au centre de sa vie ses plus grandes passions, le voyage et la communication.
Vous y apprendrez comment j’ai eu l’occasion de m’aguerrir au montage de projets, au financement international, aux pratiques d’affaires dans les pays émergents en Asie et au Moyen-Orient, aux techniques de financement international, d’apprendre les techniques de gestion de projet, à pratiquer ma profession de gestionnaire en territoire Inuit dans le Grand Nord canadien, de participer au développement et à la gestion de projets majeurs dans le domaine des technologies de l’information, de la modernisation d’infrastructures hospitalières et surtout, faire ce que j’aime le plus, voyager partout au Canada et à travers le monde.
Mon intention n’est pas tellement de transmettre la recette, car il n’y a pas de recette, mais de mettre le lecteur sur la piste qui pourrait lui permettre d’atteindre ses buts dans la vie sans pour autant y sacrifier quoi que ce soit qui pourrait lui être primordial. Vous avez 20 ans et vous chercher votre voie, vous avez 45 ans et vous sentez que le meilleur est à venir ou vous avez 60 ans et vous n’avez pas l’intention de vous bercer sur votre terrasse en attendant la mort, la lecture de ce document peut vous être utile.
En format électronique(PDF), le document comporte 25 pages et peut être téléchargé gratuitement ici.

mercredi 2 février 2011

Darwin, la technologie et les affaires. S’adapter ou mourir!

C’est en lisant un éditorial du Sydney Morning Herald sur la terrasse de l’hôtel où je séjournais à Sydney le 27 janvier dernier que cette réflexion sur la nécessité d’adaptation m’est venue.

Depuis mon arrivé en Australie, au contact de cette société tellement moderne, à la fois comparable à l’Amérique ou à l’Europe, mais où tout se passe à l’envers de nous, de la conduite automobile à gauche jusqu’à la circulation sur les trottoirs et dans les escaliers mécaniques, je réfléchis à l’adaptabilité de l’humain dans ses habitudes et ses façons de faire. Si on fait abstraction de la culture aborigène, qui comme partout, a été ignorée par les colonisateurs anglais, je me retrouve dans une société à tradition britannique qui a su, au cours des 250 dernières années, adapter son mode de vie, son architecture, ses habitudes alimentaires et ses pratiques d’affaires à son environnement naturel, climatique et géographique. Encore plus, c’est en visitant le zoo de Sydney et les curieux animaux qui y vivent, que cette idée de l’application de la théorie de l’évolution de Darwin au milieu des affaires ici en Australie, mais aussi partout à travers le monde m’est venue.

La bulle technologique
Prenons l’exemple des sociétés formées à l’époque de la bulle technologique de la fin des années 90. Combien ont survécu à l’éclatement de 2000-2001? Un grand nombre sont carrément disparues avec comme conséquence des pertes énormes pour les investisseurs qui avaient parié sur l’apparition soudaine d’un monde technologique nouveau que personne ne comprenait vraiment. Les autres ont fait l’objet d’acquisitions à vil prix par des entreprises qui avaient une plus grande capacité d’anticipation. Tout comme l’avançait Darwin, seuls les plus forts et ceux qui ont une grande capacité d’adaptation survivent. À preuve, quelles sont les entreprises technologiques dominantes 10 ans plus tard? Souvenez-vous de Cognicase et de beaucoup d’autres.

Le voyage
Prenons maintenant l’exemple du domaine du voyage, un domaine auquel je suis particulièrement intéressé. Le développement des sites internet permettant de recueillir de l’information, de valider ces informations, de dénicher les aubaines et de réserver en ligne a été tellement fulgurant au cours des dernières années que les traditionnelles agences de voyages sont en péril. Elles cherchent par tous les moyens à s’adapter à la situation en misant sur le traditionnel “votre voyage est assuré par le fonds d’indemnisation” et en offrant à leur tour leurs meilleures aubaines sur leur site internet.
Mais pour combien de temps les grossistes, les compagnies aériennes et les hôteliers auront-ils encore besoin d’un agent de voyage et son agence ayant pignon sur rue pour les représenter? Voilà un autre exemple bien concret de la théorie «s’adapter ou mourir».

Le courtage immobilier
Que penser du domaine du courtage immobilier? Le succès d’offres de service sans commission telle que celle faite par «Duproprio.com» sur le net est annonciatrice de changements majeurs dans ce domaine d’activité.
Grâce à la technologie, les vendeurs comme les acheteurs de maison sont de mieux en mieux informés et avisés dans leurs transactions en ayant accès à une somme d’information égale et parfois même supérieure  à celle détenue par le courtier traditionnel et peuvent, pour plusieurs, très bien se passer des services du courtier immobilier pour arriver à conclure une vente ou un achat. Encore une fois, seules les entreprises pouvant adapter rapidement leur offre de service pourront survivre au cours des prochaines années. Il leur reste à trouver comment.

Les télécommunications
Un autre domaine technologique où les conditions de marché changent au rythme de l’avancement d’une tornade est le secteur des télécommunications. Au cours des vingt dernières années, nous avons assisté au phénomène de concentration et puis de convergence. Dans le domaine de la téléphonie et de la télédiffusion, seule la réglementation fédérale permet de garder un certain équilibre des forces du marché, mais au seul profit des entreprises qui ont la capacité de fixer la tarification à un seuil nulle part égalé ailleurs dans le monde. Mais, même le marché de la téléphonie cellulaire, de la distribution des signaux télévisuels et de l’échange de données sont soumis au processus d’adaptation. Il est prouvé maintenant que la jeune génération délaisse la télévision au profit d’internet et des sites de distribution vidéo qui offrent encore plus que de la télé sur mesure. Les conférences vidéo et les conférences téléphoniques via le Web sont accessibles à tous totalement gratuitement sur des plates-formes telles que Skype à condition de bénéficier d’un lien Wi-Fi. À titre d’exemple, j’ai suspendu mon lien cellulaire sur mon iPhone durant mon présent voyage au profit de l’utilisation de Skype pour l’ensemble de mes communications. Les lignes terrestres sont délaissées, autant par les individus que par les entreprises au profit des liens Web. Les entreprises de télécommunication sont sommées d’investir dans les réseaux à haut débit partout au pays. Jusqu’à maintenant les grandes entreprises de télécommunication ont réussi à garder un certain niveau d’adaptabilité souvent au détriment de la qualité du service. Je n’ose même pas aborder le sujet de mes déboires avec la supposée offre de service intégrée de Bell Canada!

Information écrite, musique,etc.
Parlons maintenant du domaine de l’information écrite, de l’édition et de la musique. On assiste actuellement à une bataille de titans afin de prendre le marché des tablettes (iPad et autres) et conséquemment celui de l’information, de  l’édition, de la publication des livres électroniques et de la musique (Amazon, iTunes, etc.). Quel sera le nouveau modèle d’affaires pour les maisons d’édition, pour les distributeurs et même pour les écrivains, rédacteurs, journalistes, musiciens, chanteurs et producteurs de toute nature? Encore une fois seuls les plus forts survivront. On peut décrier cette situation, mais on assiste ici à une pure application de la théorie de l’évolution énoncée par Darwin! Cette transformation risque de laisser de nombreux cadavres sur la voie du changement.

Le jeu
Que dire du domaine du jeu, les casinos et les machines à sous virtuels se content par centaine sur le Web, souvent localisé à Vanouatou, aux Îles Vierges Britanniques ou dans une réserve indienne à l’abri de la taxation, privant d’autant les gouvernements mondiaux des revenus conséquents. Comment les casinos et leurs propriétaires gouvernementaux pourront-ils survivre faute d’adapter leur offre?

Le commerce de détail
Que peut-on envisager du côté du commerce de détail? Bien que la croissance du commerce de détail sur internet soit encore relativement faible, il semble qu’un grand nombre de biens de luxe (électronique, etc.) soient maintenant acquis directement du manufacturier ou d’un grossiste escompteur sans l’intermédiaire d’un détaillant. Viendra-t-il le jour où les boutiques de la rue Sainte-Catherine seront vides faisant par le fait même chuter la valeur de l’immobilier? Déjà, les pratiques de télétravail affectent la location d’espaces à bureaux dans les grands centres.

Le domaine financier
Malgré la crise financière affectant l’ensemble de l’économie mondiale, les plus riches deviennent de plus en plus riches et les paradis fiscaux abritent de plus en plus de capitaux à l'abri de la taxation. Cependant, des changements semblent se pointer à l’horizon. Les gouvernements du monde manquent de revenus pour financer leurs programmes sociaux. Des pressions insistantes sont mises sur les états délinquants pour que l’information demandée sur les sociétés et les individus bénéficiant de ces régimes soient fournis aux administrations requérantes. Les grandes banques internationales (Offshore) sont de plus en plus nerveuses. Les cas de coulage des listes d’investisseurs dans les paradis fiscaux sont de plus en plus fréquents que ce soit par vengeance, par souci d’équité ou pour toute autre raison, cette menace est bien réelle. WikiLeaks a déjà publié ce type d’information et le fera sûrement encore. Personne, ni aucune entreprise, ne sont à l’abri de telles révélations sur le Web avec les conséquences qui pourront en résulter. Déjà les choses changent. Certains états comme la Suisse ont commencé à changer leur pratique. Certains gouvernements pensent à réajuster le coût de la taxation à un niveau disons confortable, permettant ainsi de garder les profits de ces entreprises sur le territoire tout en éliminant le risque du scandale public. Qui saura s’adapter remportera sans doute la faveur des entreprises en priorité. Il restera à trouver la solution pour les revenus illégaux!

Conclusion
C’est un réel cliché de dire que nous sommes dans un monde en changement. Ce qui ne peut être un cliché, c’est la rapidité avec laquelle ces changements s’opèrent. Il ne se passe pas un trimestre sans qu’une avancée technologique ou scientifique majeure ne soit annoncée, commercialisée et promue à travers la planète. Jamais n’a t’on vu une telle rapidité de communication de l’information au service du développement humain. Aussi les entreprises tout comme les individus doivent-ils remettre en question leur façon de faire, leur offre de service et même leur avenir, non pas en établissant des plans quinquennaux ou triennaux comme à la bonne époque où le temps ne comptait pas, mais annuellement, et mieux encore semestriellement.

Monsieur Darwin  a constaté en son temps que les êtres vivants avaient la capacité de s’adapter à leur environnement et que ceux qui n’y parvenaient pas étaient condamnés à disparaître. Fondamentalement, la théorie de l’évolution demeure la même aujourd’hui comme il y a un million d’années. Ce qui distingue notre époque, lorsqu’appliqué au domaine des affaires, c’est le temps. Faute de temps pour nous adapter sommes-nous professionnellement et économiquement condamnés à disparaître? Est-ce que tout va trop vite? Peut-être!  ❒

Le bulletin de liaison MonRéseau de janvier/février 2011

Le bulletin de liaison MonRéseau de janvier/février 2011 est maintenant disponible sur www.yvesbertrand.ca