Qui n’a jamais rêvé de trouver l’idée, le concept, le produit qui révolutionnera son domaine d’activité et par conséquent deviendrait une lucrative affaire. Certains l’ont fait comme Steve Jobs, d’autres y réfléchissent.
Il n’est pas facile d’aborder cette question à travers les mille autres préoccupations que génère notre quotidien professionnel et personnel. Pour plusieurs d’entre nous, la période d’été est probablement un moment propice à la réflexion, c'est pourquoi je vous propose de partager quelques idées.
Le monde qui nous entoure est complexe, en constante évolution, massivement impacté par les technologies et cruellement dirigé par des acteurs économiques difficilement identifiables. Il est facile de constater que les relations sociales et humaines entre producteurs, manufacturiers, distributeurs et consommateurs se sont détériorées au rythme des changements engendrés par la mondialisation. Le monde de 2012 n’est plus celui de 1950, l’année de ma naissance, et n’est pas celui, non plus, que l’on peut anticiper pour 2020 ou 2040.
Prenons, à titre d’exemple, ce réputé manufacturier de meubles en cuir qui fait fabriquer ses fauteuils par un sous-traitant chinois et qui continue à prétendre que son prix est justifié par le fait que le design et le traitement du cuir sont faits en Italie ce qui en ferait d’authentiques produits italiens. J’ai dû récemment, à deux reprises, refuser la livraison de fauteuils de ce manufacturier pour malfaçons majeures pour finalement annuler ma commande! Comment garder confiance dans le savoir-faire italien, alors!
Comment rapprocher le producteur du consommateur, permettant ainsi de rétablir le lien de confiance semblable à celui de l’artisan auprès du villageois d’avant l’aire industriel? Comment rétablir le lien social unissant les humains dans le cycle de production et de consommation moderne? Voilà un terrain de recherche et développement qui devrait voir jaillir de nouvelles idées et de nouvelles opportunités.
Alors, comment imaginer qu’elles sont ou seront les opportunités sociales, professionnelles et commerciales des prochaines années?
Il faut tout d’abord oublier la manière historique de faire des affaires. Il faut chercher ailleurs que dans la répétition traditionnelle des processus, technologies et comportements actuellement promus. Il faut savoir considérer des domaines ou des manières de faire qui aujourd’hui génèrent irritations, insécurité émotionnelle et financière, autant pour soi que pour nos partenaires d’affaires et nos financiers. C’est là, dans l’insécurité, qu’il sera possible de débusquer les réelles opportunités pour le futur.
Prenons à titre d’exemple quelques grands enjeux sociétaux déjà bien connus et mesurés au niveau de la planète.
L’énergie
L’activité humaine requiert de plus en plus d’énergie à tel point que l’opinion publique accepte, jusqu’à maintenant, la production des gaz bitumineux de l’Alberta et ses conséquences environnementales ainsi que la conversion des cultures de maïs à des fins énergétiques au détriment de la production alimentaire humaine et animale. Réfléchissons à la quantité d’énergie requise pour produire, transformer et cuire les aliments que nous préparons et consommons quotidiennement.
Est-ce possible de faire autrement au meilleur coût? D’emblée la réponse est oui, mais où devons-nous regarder?
Les énergies alternatives comme le vent, l’hydrogène, le soleil et la marée sont les premières concernées. Les technologies adaptées aux principes d’économie d’énergie dans les domaines industriel, institutionnel, des transports et résidentiel sont également impliquées au premier chef. Je vous entends déjà dire ; tout cela existe déjà! Oui, mais il faut pousser plus loin la réflexion et surtout avec de nouveaux paradigmes. Prenons l’exemple de la domotique qui est encore réservé à une certaine élite en raison de son prix et des contraintes technologiques non résolues. Pourquoi ne pas exploiter davantage les protocoles Wi-Fi de manière à en faire un enjeu d’économie d’énergie, d’autofinancement et plus encore?
Que penseriez-vous d’un garde-manger et d’un réfrigérateur dont les systèmes intelligents rendraient possible l’enregistrement des codes-barres apposés sur les emballages permettant ainsi de vous avertir des dates de péremption prochaines et vous suggérant des recettes afin d’éviter toute perte d’aliments de plus en plus coûteux et même rares?
L’alimentation
La spéculation agroalimentaire et la concentration des cultures spécialisées sont les principales causes de la hausse du prix des aliments à un niveau tel que des millions de personnes et particulièrement des enfants meurent chaque année à travers le monde(1). Pourtant, les connaissances agroalimentaires sont de plus en plus pointues et les technologies permettant de les partager sont de plus en plus efficaces et économiques.
En contre-partie, des mouvements internationaux comme Slow Food préconisent une écogastronomie bonne, propre et juste, sans parler des milliers d’initiatives, autant en Europe qu’en Amérique, qui encourage la consommation des produits locaux et de proximité.
De plus en plus, le consommateur est concerné par la composition, la provenance et les méthodes de production des aliments qu’il consomme. La traçabilité est un sujet déjà bien d’actualité en Europe et le deviendra de plus en plus en Amérique.
Culture, transformation, chaîne logistique, méthodes et équipements de préparation, sont autant de domaines sujets à opportunités.
Prenons l’exemple du phénomène de l’agriculture urbaine qui connaît présentement une croissance fulgurante. Un des problèmes constatés est la surproduction familiale puisque la plupart des fruits et légumes arrivent à maturité au même moment. Voici une occasion à saisir en offrant une plate-forme web de partage des inventaires dans le but de permettre l’approvisionnement en produits frais aux familles des quartiers avoisinants à coût modeste pour celles-ci et permettant également d’amortir certains coûts de production pour nos jardiniers amateurs urbains. En bonus, la création d’une activité qui permet de retisser les liens sociaux de la trame urbaine d’un quartier dont l’absence est souvent décriée par plusieurs.
La vie en ville
En 2012, la population(2) de Tokyo est de 37 730 064 habitants, celle de New York est de 22 232 494 habitants et celle de Shanghai de 18 572 816 habitants et ce n’est qu’un début. En effet, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, la majorité de la population mondiale vit dans des zones urbaines, et cette proportion ne cesse de croître. Ce n’est qu’il y a quelques années que la population mondiale urbaine a dépassé la population rurale.
Il y a cent ans, seules 2 personnes sur 10 vivaient en ville. En 2030(3), cette proportion s’établira à 6 sur 10, avant de passer à 7 sur 10 d’ici 2050. Selon les projections, la quasi-intégralité de la croissance démographique des trente prochaines années aura lieu dans les zones urbaines. Chaque année, la population urbaine s’accroît de près de 60 millions de personnes. La ville en général est synonyme de pollution, circulation intense, promiscuité, crime, solitude, logements exigus, etc., autant d’irritants où des solutions et des améliorations doivent être trouvées. Partout dans les grandes villes des solutions faisant appel à la technologie sont trouvées afin d’alléger la vie des résidents. Monitorage du trafic à distance et téléintervention sur les feux de circulation, surveillance vidéo des rues et reconnaissance faciale en prévention du crime, télésurveillance des réseaux de distribution d’eau, de gaz et d’électricité, etc. Mais quel formidable laboratoire de recherche et de réflexion que ce thème de la vie en ville.
Ce ne sont que quelques domaines où l’humanité est, ou est en voie d’être, coincée. Autant de solutions émergeront de ces constats et j’en suis certain, de nouvelles opportunités se pointeront en grand nombre. À nous d’y réfléchir, des imaginées et de les saisir!
YB ❒
(1) Destruction massive. Géopolitique de la faim, Jean Ziegler, Le Seuil, 2011.
(3) Rapport conjoint ONU-Habitat/OMS La Face cachée des villes : Mettre au jour et vaincre les inégalités en santé en milieu urbain.




