mercredi 16 décembre 2009
Bulletin de liaison - décembre 2009
Le bulletin de liaison MonRéseau du mois de décembre est maintenant disponible sur www.yvesbertrand.ca
La transmission de l’expertise
Quand le savoir des aînés reste… dans la tête des aînés.
Par Clémence Bourget
Journaliste pigiste
Reproduction faite avec l’autorisation de l’auteure
Faites-nous part de vos commentaires.
Dans le monde du travail, les baby-boomers ont la main sur la poignée de porte. Du côté du réseau de la santé, le nombre de cadres prêt à partir dès l’âge de 55 ans est en progression au Québec. Or, c’est tout un exode de l’expertise que la province s’apprête à vivre avec ces départs massifs à la retraite. Des savoirs primordiaux qui, faute d’être transmis aux générations suivantes, exigent des jeunes gestionnaires qu’ils réinventent la roue. Survol d’une situation explosive, mais peut-être évitable.
Pour Cindy Gosselin, infirmière-chef en unité de soins depuis trois ans à l’Hôpital Notre-Dame (CHUM) et mère de trois jeunes enfants, cette réalité l’a rattrapée : la trentenaire est déjà considérée une cadre senior dans son milieu de travail.
Ironie du sort, c’est un peu grâce à son propre ministère qu’elle se retrouve dans cette position. En effet, le ministère de la Santé et des Services sociaux accorde une indemnité jusqu’à un an de salaire payé aux cadres s’ils démissionnent avant la retraite. Ainsi, sur 124 postes de cadres analysés par le Ministère, les trois quarts sont partis avant d’avoir atteint 35 ans de service et les deux tiers ont quitté avant leur dernière année de travail. Le nombre de départs a doublé de 2005 à 2006 passant de 33 à 60 départs avant l’âge de la retraite, relate le Journal La Presse dans son édition du 16 septembre 2009, laissant ainsi un vide dans la passation des savoirs.
À son arrivée en poste, Cindy Gosselin aurait apprécié l’aide d’une personne expérimentée pour l’aider à intégrer rapidement ses fonctions de gestionnaire. « Faire un affichage de poste ou rédiger une requête, par exemple, on n’a pas le temps de s’asseoir pour chercher la façon de faire. » Elle a tout de même pu bénéficier de l’assistance d’une marraine qu’elle a choisie avec l’accord de cette dernière et des ressources humaines. « C’est souvent une collègue avec qui on partage des affinités, à qui on peut se référer. »
Pour Cindy Gosselin, infirmière-chef en unité de soins depuis trois ans à l’Hôpital Notre-Dame (CHUM) et mère de trois jeunes enfants, cette réalité l’a rattrapée : la trentenaire est déjà considérée une cadre senior dans son milieu de travail.
Ironie du sort, c’est un peu grâce à son propre ministère qu’elle se retrouve dans cette position. En effet, le ministère de la Santé et des Services sociaux accorde une indemnité jusqu’à un an de salaire payé aux cadres s’ils démissionnent avant la retraite. Ainsi, sur 124 postes de cadres analysés par le Ministère, les trois quarts sont partis avant d’avoir atteint 35 ans de service et les deux tiers ont quitté avant leur dernière année de travail. Le nombre de départs a doublé de 2005 à 2006 passant de 33 à 60 départs avant l’âge de la retraite, relate le Journal La Presse dans son édition du 16 septembre 2009, laissant ainsi un vide dans la passation des savoirs.
À son arrivée en poste, Cindy Gosselin aurait apprécié l’aide d’une personne expérimentée pour l’aider à intégrer rapidement ses fonctions de gestionnaire. « Faire un affichage de poste ou rédiger une requête, par exemple, on n’a pas le temps de s’asseoir pour chercher la façon de faire. » Elle a tout de même pu bénéficier de l’assistance d’une marraine qu’elle a choisie avec l’accord de cette dernière et des ressources humaines. « C’est souvent une collègue avec qui on partage des affinités, à qui on peut se référer. »
Il n’y a rien de structuré dans ces alliances : pas de cahier préétabli, pas d’orientation, les rencontres ont lieu au besoin. Depuis, Cindy Gosselin est devenue marraine à son tour.
Selon Yves Bertrand, lui-même baby-boomer et consultant en gestion et développement dans le réseau de la santé, c’est une absurdité que de jumeler quelqu’un déjà débordé et fatigué à un jeune gestionnaire. « Il y a un danger de se brûler, de se démotiver puis d’abandonner ; en continuant sur cette lancée, il sera bientôt encore plus difficile de recruter des candidats dans le domaine de la santé. » Dans une perspective où il y aurait de moins en moins de professionnels et gestionnaires en poste avec un vieillissement de la population exigeant de plus en plus de soins, la situation dans le réseau de la santé risque de se détériorer davantage.
Yves Bertrand propose une autre option que le plan de retraite anticipée du ministère de la Santé et des Services sociaux : permettre aux baby-boomers de transmettre leur expertise avant de quitter leur emploi. « On pourrait utiliser les gens en retraite progressive, non plus dans les tâches quotidiennes, mais pour encadrer les jeunes gestionnaires. » Les baby-boomers représentent un nombre considérable de ressources sous-utilisées puisque seulement 27 % des gens de 55 ans et plus sont au travail, selon l’Institut de la statistique du Québec de 2006.
Conscient que les baby-boomers n’ont pas tous les qualités requises pour être de bons mentors, Yves Bertrand est d’avis qu’il faut trouver des moyens d’assurer la passation de l’expertise. « Plusieurs hôpitaux pourraient s’allier pour former une équipe de mentors ; ou le mentorat pourrait se faire en petit groupe plutôt qu’en individuel. »
Il croit que les jeunes gestionnaires doivent être supportés directement dans leur milieu, dans leur réalité avec leurs vrais problèmes ; chaque cadre supervise 17 employés syndiqués en moyenne, selon des chiffres de 2008 de l’Institut de la statistique du Québec. Comme les baby-boomers ont déjà affronté toute une série de situations, ils sont aptes à aider les jeunes gestionnaires à trouver des solutions. Pourquoi s’en priver alors ?
Parce que ça coûterait de l’argent supplémentaire ? « Non, affirme Yves Bertrand : si le réseau de la santé est toujours en retard, s’il est archaïque dans ses méthodes et sa gestion, ce n’est pas dû au manque d’argent, mais plutôt aux personnes en autorité qui sont débordées tout le temps. »
Toutefois, l’initiative doit provenir des établissements de santé, croit Yves Bertrand. Sans attendre après une volonté politique, les établissements devraient se doter d’une structure de mentorat à travers leur association. L’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux (AQESSS) représente 135 établissements et a comme mission d’assurer la qualité des services et la pérennité du réseau de la santé et des services sociaux.
Susan Rahal, agente de développement en employabilité, travaille avec différentes clientèles. Elle constate que « les jeunes ne se réfèrent pas à l’opinion des anciens ou à ce qui a été positif dans le passé. Ils ont une attitude d’adolescent par rapport à leurs parents ; selon eux, ce qui existait avant n’est pas bon, c’est dépassé. En même temps, ils arrivent avec des choses innovatrices, c’est intéressant. Si [leurs trouvailles] étaient insérées dans ce qui existe déjà et qui fonctionne bien, ce serait vraiment une amélioration et ce serait extraordinaire. »
Elle ajoute que « là, où on manque notre coup, c’est lors d’une restructuration parce qu’on détruit tout et on repart à zéro en ne retenant rien de ce qui fonctionnait bien auparavant. On refait les mêmes erreurs. »
Alors, comment faire travailler de futurs retraités démotivés et de jeunes gestionnaires dépassés par l’ampleur de la tâche à accomplir main dans la main sans l’intervention de l’État ? Le défi reste entier. Une chose est sûre, à force de vivre l’exode de l’expertise dans le réseau de la santé, et par conséquent de faire du sur-place, nous pourrions bien rester avec la poignée de porte dans les mains, un de ces jours. ❒
Selon Yves Bertrand, lui-même baby-boomer et consultant en gestion et développement dans le réseau de la santé, c’est une absurdité que de jumeler quelqu’un déjà débordé et fatigué à un jeune gestionnaire. « Il y a un danger de se brûler, de se démotiver puis d’abandonner ; en continuant sur cette lancée, il sera bientôt encore plus difficile de recruter des candidats dans le domaine de la santé. » Dans une perspective où il y aurait de moins en moins de professionnels et gestionnaires en poste avec un vieillissement de la population exigeant de plus en plus de soins, la situation dans le réseau de la santé risque de se détériorer davantage.
Yves Bertrand propose une autre option que le plan de retraite anticipée du ministère de la Santé et des Services sociaux : permettre aux baby-boomers de transmettre leur expertise avant de quitter leur emploi. « On pourrait utiliser les gens en retraite progressive, non plus dans les tâches quotidiennes, mais pour encadrer les jeunes gestionnaires. » Les baby-boomers représentent un nombre considérable de ressources sous-utilisées puisque seulement 27 % des gens de 55 ans et plus sont au travail, selon l’Institut de la statistique du Québec de 2006.
Conscient que les baby-boomers n’ont pas tous les qualités requises pour être de bons mentors, Yves Bertrand est d’avis qu’il faut trouver des moyens d’assurer la passation de l’expertise. « Plusieurs hôpitaux pourraient s’allier pour former une équipe de mentors ; ou le mentorat pourrait se faire en petit groupe plutôt qu’en individuel. »
Il croit que les jeunes gestionnaires doivent être supportés directement dans leur milieu, dans leur réalité avec leurs vrais problèmes ; chaque cadre supervise 17 employés syndiqués en moyenne, selon des chiffres de 2008 de l’Institut de la statistique du Québec. Comme les baby-boomers ont déjà affronté toute une série de situations, ils sont aptes à aider les jeunes gestionnaires à trouver des solutions. Pourquoi s’en priver alors ?
Parce que ça coûterait de l’argent supplémentaire ? « Non, affirme Yves Bertrand : si le réseau de la santé est toujours en retard, s’il est archaïque dans ses méthodes et sa gestion, ce n’est pas dû au manque d’argent, mais plutôt aux personnes en autorité qui sont débordées tout le temps. »
Toutefois, l’initiative doit provenir des établissements de santé, croit Yves Bertrand. Sans attendre après une volonté politique, les établissements devraient se doter d’une structure de mentorat à travers leur association. L’Association québécoise d’établissements de santé et de services sociaux (AQESSS) représente 135 établissements et a comme mission d’assurer la qualité des services et la pérennité du réseau de la santé et des services sociaux.
Susan Rahal, agente de développement en employabilité, travaille avec différentes clientèles. Elle constate que « les jeunes ne se réfèrent pas à l’opinion des anciens ou à ce qui a été positif dans le passé. Ils ont une attitude d’adolescent par rapport à leurs parents ; selon eux, ce qui existait avant n’est pas bon, c’est dépassé. En même temps, ils arrivent avec des choses innovatrices, c’est intéressant. Si [leurs trouvailles] étaient insérées dans ce qui existe déjà et qui fonctionne bien, ce serait vraiment une amélioration et ce serait extraordinaire. »
Elle ajoute que « là, où on manque notre coup, c’est lors d’une restructuration parce qu’on détruit tout et on repart à zéro en ne retenant rien de ce qui fonctionnait bien auparavant. On refait les mêmes erreurs. »
Alors, comment faire travailler de futurs retraités démotivés et de jeunes gestionnaires dépassés par l’ampleur de la tâche à accomplir main dans la main sans l’intervention de l’État ? Le défi reste entier. Une chose est sûre, à force de vivre l’exode de l’expertise dans le réseau de la santé, et par conséquent de faire du sur-place, nous pourrions bien rester avec la poignée de porte dans les mains, un de ces jours. ❒
Par Clémence Bourget
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Proposition d’un plan de développement stratégique pour le Canada
Claude Gaudet, un abonné de Monréseau, propose ci-dessous quelques réflexions personnelles sur le développement stratégique du Canada suivant une orientation autonomiste et responsable.
Au plan constitutionnel
Modifier la Constitution de 1867 et de 1982 pour adopter la république comme cadre général de gouvernance. Élire un gouvernement souverain dirigé par un président ou une présidente durant cinq ans, sans possibilité de renouvellement pour un second mandat et avec un mécanisme de renvoi pour cause en cours de mandat, le cas échéant ; abandonner le lien traditionnel avec l’Angleterre, abolir les postes de Gouverneur général, le Sénat et le régime parlementaire britannique.
Au plan représentatif et électoral
Réduire le nombre de députés à la chambre des communes à un maximum de 1 par tranche de 200 000 de population. Redessiner au besoin les frontières entre les provinces pour tenir compte de ce principe de représentativité. Adopter une nouvelle carte électorale dans laquelle les comtés fédéraux correspondraient à un ensemble de comtés provinciaux, de même que les comtés provinciaux aux municipalités régionales de comté, pour faire en sorte que les élus aux différents paliers de gouvernement se concertent sur les enjeux communs.
Au plan fiscal
Annuler la péréquation, de même que tous les programmes conjoints (c.-à-d. la vingtaine de programmes à frais partagés) avec les provinces, et séparer de manière exclusive les pouvoirs de taxation et la responsabilité qui vient avec, entre les niveaux de gouvernement fédéral, provincial, régional et municipal. Attribuer les pouvoirs exclusifs au niveau fédéral dans les affaires internationales et inter provinciales.
Au plan financier
Modifier par une loi nationale le mode d’incorporation des institutions financières (ex. les banques, les compagnies d’assurance, les fiducies de revenu, les courtiers en valeurs mobilières, etc.) pour les transformer en coopératives d’épargne et de crédit ; un homme, un vote.
Au pan sécurité
Intégrer les forces armées, la garde côtière, les douanes, les divers services de sécurité nationale, de police provinciaux et municipaux en une seule entité dont le mandat serait la protection des citoyens et du territoire.
Au plan international
Adopter une politique de neutralité dans les conflits armés, comme la Suisse et d’autres pays l’ont fait.
Par Claude Gaudet
Conseiller en gestion duchangement
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Par Claude Gaudet
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