mercredi 8 décembre 2010

Encore WikiLeaks! Technologie ou psychologie?

Quel tollé mondial! Cette fois-ci, les fuites révélées par WikiLeaks touchent la planète entière. Tous ce sont exprimés sur le sujet, allant du président Obama en passant par les éditorialistes de tous les journaux et même un conseiller du premier ministre canadien, c’est peu dire.

Le phénomène a été commenté sous l’angle de la technologie faillible, des conséquences sur l’avenir des relations entre les États allant du dramatique au burlesque ou encore sur la présomption de la mise en danger de la sécurité personnelle d’un grand nombre de personnes dans le monde.

Au moment d’écrire ces lignes, rien de perceptible n’est vraiment arrivé. Bien sûr, il y aura sans aucun doute un nombre inhabituel de mutations de diplomates. Mais que penser de la mise en lumière des failles sur la sécurité dans les systèmes de traitement et d’entreposage des données sensibles? Évidemment, la fuite a été organisée et réalisée par un utilisateur autorisé, mais n’existe-t-il pas de système d’alarme lorsqu’un nombre anormal de données sont téléchargées, et ce, même par un utilisateur autorisé?

Qu’en est-il du militaire qui est la source de la fuite? Dans le cadre de ses fonctions, Bradley Manning avait accès à deux réseaux informatiques sécurisés utilisés par les militaires et les diplomates américains partout sur la planète. Il aurait donc copié des centaines de milliers de documents et les aurait envoyés au site web WikiLeaks, qui publie des fuites d'information tout en protégeant ses sources. S'il est reconnu coupable, le soldat pourrait être condamné jusqu'à 52 ans de prison.

Quel que soit le système d’information, quelles que soient la technologie, les alertes ou les procédures de sécurité, est-il possible de se prémunir contre le vol de données et le bris de la confidentialité? Quelles étaient les motivations de ce soldat? Serait-ce une nouvelle forme de whistleblowing (lanceur d’alerte)? L'expression lanceur d'alerte sert à désigner une personne ou un groupe qui découvre des éléments qu'il considère comme menaçants pour l'homme, pour la société ou l'environnement et qui décide de les porter à la connaissance d'instances officielles, d'associations ou de médias. À la différence du délateur, le lanceur d'alerte n'est pas dans une logique d'accusation visant quelqu'un en particulier, mais divulgue un état de fait, une menace dommageable pour le bien commun, l'intérêt public.

Bien ou mal, le traitement de l’information critique ne sera jamais plus le même.

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