mardi 25 mai 2010

Les difficiles grands projets publics.

Et si le problème était le client!

Nos journaux font la manchette régulièrement avec des projets publics qui ne décollent pas, n’atterrissent pas ou encore sont en grandes difficultés.

Les échéances de réalisation des mégas-hôpitaux de Montréal sont constamment reportées, de grands projets informatiques sont abandonnés après avoir engloutis des millions de dollars comme à la CSST ou encore GIRES qui visait à remplacer plus de 1 000 systèmes d'information au sein des ministères et organismes de l'appareil gouvernemental québécois, un système téléphonique intégré à la ville de Montréal marque un retard important dans le calendrier de livraison, le système de registre des armes à feu du gouvernement fédéral devait coûté 2 millions de dollars selon son estimé original, il coûta 2 milliards, le Dossier de Santé du Québec qui n’arrive pas à prendre son envol et son dernier directeur en titre qui démissionne et encore beaucoup d’autres.

L’expérience nous démontre que les principales causes des échecs des projets se résument habituellement à ceci :

Mauvaise planification du projet et mauvaise analyse de rentabilité.
La compartimentation des domaines de responsabilité dans les administrations publiques fait en sorte que des pans entiers relatifs à la planification des projets et des analyses de rentabilité sont souvent abandonnés étant jugé du domaine de responsabilité de l’administration voisine.

Soutien insuffisant de la haute direction.
Dans le domaine public, le soutien insuffisant de la haute direction se traduit habituellement par un manque de volonté et de continuité politique permettant de rallier les nombreux paliers décisionnels et d’influence impactés par la réalisation du projet.

Retard dans la réalisation du projet plus que le dépassement des budgets.

En corollaire du manque de volonté politique soutenue, les priorités des uns ne sont pas nécessairement les priorités des autres. Conséquence, des retards sont rapidement constatés, pourrait-il en être autrement si l’ensemble de l’administration publique ne partage pas les mêmes priorités de réalisation?

Utilisation d'une technologie nouvelle ou non éprouvée.
Qu’on se rappelle l’épopée du stade olympique et son toit rétractable ou encore les nombreux échecs d’implantation de systèmes intégrés de gestion (ERP) ou plus récemment le système d’intégration des données médicales du Dossier de Santé du Québec, l’usage de technologies en développement et non éprouvées constitue un risque majeur et parfois insurmontable dans la réalisation de projets d’envergure.

Incapacité des fournisseurs à respecter leurs engagements.
La compétition étant ce qu’elle est (sauf dans le domaine de la construction des routes semble-t-il!) les fournisseurs doivent prendre un certain nombre de risques lors du dépôt de leur soumission afin d’être en mesure de décrocher le contrat selon la formule du « plus bas soumissionnaire conforme ». Évidemment, cette manière de faire peut, dans bien des cas, forcer le fournisseur ayant remporté le marché a livrer un produit à la limite contractuelle en tentant de facturer tous les coûts excédentaires au grand déplaisir du donneur d’ouvrage. De là à considérer un fournisseur comme étant incapable de respecter ses engagements, il n’y a qu’un petit pas à franchir.

Force nous est de constater que finalement, peu de facteurs d’échec échappent au  contrôle du donneur d’ouvrage dans le secteur public comme ailleurs. Alors! Face à tous ces échecs, le problème serait-il le client?

Encore faut-il bien identifier qui est le client finalement, le payeur, l’utilisateur ou encore le politicien qui veut se faire ré-élire tous les quatre ans? ❒ YB

1 commentaire:

  1. Je ne sais plus quoi penser. Nous avons des projets merveilleux qui nous permettrait de mettre a profil tout le savoir des gestionnaires de projet et ceci n'aboutit pas.Je n'arrive pas a trouver de solutions pour créer une gouvernance commune ( ministères, fédérations, collège, citoyens). Va-t-il falloir que des groupes comme les Federations médicales forcent la donne quoiqu'elles aussi manquent de leadership en informatique de la santé?

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